Présentation
Du bocage normand à la garrigue provençale, des marais bretons aux estives alpines, que seraient nos paysages ruraux sans prairies naturelles* ? Forgées par des pratiques paysannes millénaires, elles abritent une biodiversité exceptionnelle qui assure de précieux services, et participe à la vie des territoires.
Les conséquences du changement climatique et des récentes évolutions du secteur agricole ont amené les CBN à répondre à des enjeux de plus en plus forts…
Un patrimoine et des services exceptionnels mais en voie d’extinction…
Les prairies permanentes* constituent un élément majeur des paysages ruraux français, représentant près de 19 % du territoire hexagonal et jouant un rôle essentiel pour l’agriculture, la biodiversité, le climat et l’attractivité des territoires.
La diversité des pratiques agropastorales et des conditions naturelles sont à l’origine de végétations uniques et propres à chaque terroir, notamment dans les régions de montagne et de bocage.
Outre leur présence ancienne dans le paysage français et leur attrait touristique, les prairies supportent avant tout la production d’aliments carnés et laitiers reconnus dans le monde entier ; ce n’est pas un hasard si la France peut s’enorgueillir de ses mille variétés de fromages !

Crédits photos : S. Perera
* Petit point de vocabulaire
- Prairie permanente : on appelle prairie permanente une surface toujours en herbe (STH), dominée par l’herbe ou d’autres plantes fourragères herbacées depuis au moins cinq ans, sans entrer dans la rotation des cultures. Il s’agit avant tout d’une catégorie administrative de la PAC et non pas d’une réalité écologique.
Ainsi, dans la statistique agricole, les prairies permanentes comprennent : les surfaces toujours en herbe productives, incluant les prairies naturelles, celles semées depuis plus de cinq ans et les surfaces en herbe peu productives tels que les parcours, dont les pelouses et les landes, et les alpages. Prairie naturelle : une prairie naturelle est une surface toujours en herbe (STH) productives, composée principalement espèces herbacées d’origine sauvage et de grandes tailles, qui s’est maintenue naturellement au fil du temps grâce notamment aux pratiques d’élevage. Leur richesse et leur diversité, façonnées par les pratiques agricoles, sont à l’origine de nombreux services écosystémiques. C'est pourquoi ces milieux portent des enjeux de conservation importants.
Ainsi, toutes les prairies naturelles peuvent être permanentes, mais toutes les prairies permanentes ne sont pas naturelles.
Les pratiques agricoles, lorsqu’elles demeurent extensives, maintiennent une incroyable biodiversité, favorisent la régulation du régime des eaux, et limitent l’érosion des sols... On sait aujourd’hui que les prairies les plus riches en espèces végétales indigènes apparaissent souvent comme les plus résilientes face aux aléas climatiques (ex. sécheresses estivales, gels tardifs) mais aussi celles qui stockent le plus de carbone dans le sol (près d’une tonne par ha et par an).
Cependant, ces écosystèmes sont fortement menacés par le changement climatique, l'intensification de certaines pratiques agricoles, la déprise agricole et l’urbanisation qui contribuent à la perte d'environ 50 000 hectares de prairies chaque année depuis 2020.
L’apport en quantité élevée de fertilisants, par exemple, favorise les espèces les plus banales (orties, chardons, ombellifères, pissenlits…) au détriment d’espèces moins compétitives (centaurées, campanules, knauties, orchidées…).

Crédits photos : P.M. Le Henaff (CBNMC)
Ailleurs, c’est l’abandon des parcelles et leur boisement progressif qui contribuent à la disparition de cette flore.
– EN CHIFFRES –
-> 37% de la surface agricole utile (SAU) française
-> 1/3 des surfaces disparues entre 1970 et 2020
-> + de 235 plantes menacées liées aux espaces agricoles (selon la liste rouge de la flore vasculaire menacée de France - 2018 à laquelle ont contribué les CBN)
La méconnaissance de la flore indigène contribue également à son remplacement par des mélanges commerciaux de trèfles, ray-grass et dactyles, parfois exotiques et à valeur nutritive quasi-égale.
L’expertise des CBN au service des prairies naturelles...
Ce constat a conduit les CBN et leurs partenaires à réaliser d’importantes campagnes d’inventaires floristiques et phytosociologiques, dans la perspective de mieux connaître la diversité prairiale présente et dresser un état des lieux précis de son état de conservation.
À travers des catalogues, des guides techniques et autres ouvrages régionaux, ces travaux ont mis en évidence une flore riche de plus d’un millier de plantes différentes à travers plus de 300 types de végétations prairiales, très loin devant les quelques dizaines d’espèces fourragères proposées par les semenciers.

Crédits photos : L. Monlyade (CBNMC) & L. Chabrol (CBNMC)
D’autres travaux ont montré, par exemple, l’influence de la flore sauvage sur la qualité organoleptique des produits carnés et laitiers (acides gras, nutriments, richesse aromatique, texture...).
Cette propriété a d’ailleurs conduit récemment certaines AOP (Saint-nectaire, Fin gras du Mézenc…) à modifier leur cahier des charges afin de placer les prairies naturelles à flore diversifiée comme une composante essentielle de leur signe de qualité.
Promouvoir une agriculture compétitive et respectueuse de l’environnement est devenu un enjeu phare. Et les CBN ont multiplié les initiatives pour aider les exploitants à prendre en compte la diversité floristique dans leurs itinéraires de production.
Outre les journées d’échange et de formation permettant de croiser les regards des éleveurs et des botanistes, les Mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) constituent un outil efficace pour maintenir les pratiques favorables là où elles risquent de disparaître : dans certains cas, le versement d’aides financières aux éleveurs est conditionné au maintien de plantes indiquant le bon état écologique des prairies.

Crédit photo : U. Bourdon-Denis (PNR Aubrac) & L. Monlyade (CBNMC)
Ces listes d’espèces indicatrices ont été suggérées par les CBN auprès des DRAAF et structures porteuses de projets agro-environnementaux et climatiques (PAEC).
Observatoire des prairies
Disposer de données à moyen terme pour appréhender l’évolution des prairies dans un contexte de changement climatique est un autre enjeu considérable quant à leur pérennité.
Pour y répondre, plusieurs observatoires régionaux de milieux agropastoraux rassemblant de multiples partenaires sont désormais en projet (Grand-Est, Massif-Central, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie…). Les Conservatoires botaniques nationaux et leurs partenaires mettent ainsi en place de nombreux travaux de suivis de la flore des systèmes herbagers à grande échelle. Les milliers de données botaniques et agronomiques issues du terrain permettent de caractériser le potentiel fourrager de chaque territoire, d’étudier la résilience des végétations prairiales et d’adapter les pratiques de pâturage et de fauche face aux crises climatiques.
Les suivis de long terme réalisés par les CBN aident à comprendre les changements floristiques qui s’opèrent au fil des aléas. Nos études de terrain laissent à penser qu’une importante richesse floristique accélère la capacité de récupération du tapis végétal après un été caniculaire et/ou permet une meilleure souplesse d’utilisation des différents types de prairies.
Mais, outre la nécessité de suivre et comprendre l’évolution des prairies, certains CBN élaborent de véritables programmes de restauration et de préservation des prairies naturelles… des plans d’actions spécifiques à l’instar du projet de PNA en faveur des prairies alluviales des grandes vallées de l’Est de la France (voir Les CBN en actions).
Contribuer à la restauration et à la pérennité des prairies naturelles : un défi pour les botanistes et les agronomes
Récolte et de réensemencement
Les pratiques de fauche précoce, les impacts du changement climatique, les rotations culture/prairie, ou encore les dégâts occasionnés par les campagnols terrestres amènent aujourd’hui les agriculteurs à retourner ou sur-semer leurs prairies naturelles. Or, il faut parfois plus d’un siècle pour que la flore d’une prairie se reconstitue naturellement !

Crédit photo : C. Hennequin
Pour restaurer ces prairies dégradées, les CBN, les Conservatoires d’espaces naturels, l’INRAE et de nombreux autres acteurs, expérimentent des méthodes innovantes de récolte et de réensemencement à partir de semences collectées sur des prairies à forte biodiversité (notamment sous le label « Végétal local ») : transfert de foin vert, brossage de graines, récupération de “fonds de granges”...

Crédits photos : M. Pouvreau & A. Roumier
Ces expérimentations permettent de proposer des alternatives à l’emploi coûteux et impactant de variétés génétiquement modifiées et/ou exotiques, tout en préservant et en valorisant la biodiversité indigène.
Les prairies naturelles sont ainsi à la croisée d’enjeux particulièrement forts auxquels le réseau des CBN espère bien répondre, en apportant ses compétences pour tenter de concilier compétitivité agricole et respect de l’environnement.
Face au changement climatique, la résilience des écosystèmes agropastoraux ne peut se soustraire à la nécessité de conserver la plus grande biodiversité possible dans les parcelles…
19 propositions concrètes en faveur des prairies naturelles
Face aux enjeux liés au maintien des prairies naturelles, le Congrès mondial de l’UICN a adopté en 2025, une motion relative à la “Protection et restauration des prairies naturelles diversifiées”. En France, un rapport du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) portant sur la “Prise en compte des prairies permanentes dans le cadre de la politique agricole commune (PAC)” a également été publié en mars 2025.
Il développe sept recommandations dont l’une vise à mettre en place un programme "ambitieux comportant, outre un dispositif d’aide en faveur des prairies au sein de la PAC, des actions de formation, de vulgarisation de la recherche développement, foncières, d’accompagnement des agriculteurs et de portage territorial".
C’est dans ce contexte que le Réseau des Conservatoires botaniques nationaux et l’Office français de la Biodiversité, rejoints par de nombreux partenaires en charge de l’agriculture et de la préservation de l’environnement, se sont mobilisés pour élaborer un cadre d’actions de portée nationale en faveur du maintien et de la restauration des prairies naturelles.
L’objectif de ce document est de formuler des propositions d’actions, afin de mobiliser les pouvoirs publics et les acteurs des territoires pour favoriser l’utilisation d’outils fonciers, assurer une meilleure planification et un accompagnement des bonnes pratiques agricoles, valoriser les prairies et leurs services écosystémiques, surveiller leur évolution et sensibiliser les exploitants et les consommateurs à leur préservation.
En savoir plus sur ces 19 propositions
Les CBN en actions !
Quelques exemples d’actions concrètes, menées sur le terrain par les CBN en faveur des prairies sur leur territoire.
Plan national d'action “Flore et végétations menacées des prairies de fauche humides de l'Est de la France”
Sous le pilotage de la DRIEAT, le CBN du Bassin parisien assure la rédaction du Plan national d'action “Flore et végétations menacées des prairies de fauche humides de l'Est de la France”. Les CBN Alpin, de Bourgogne-Franche-Comté, du Massif central et le Conservatoire botanique d'Alsace Lorraine contribuent au projet.
Trois types de prairies alluviales d’intérêt communautaire ou déterminante ZNIEFF et six espèces végétales patrimoniales dont la violette élevée et l’ail anguleux sont particulièrement visés. Les principaux objectifs sont de conserver les parcelles et les stations actuelles en améliorant leur état de conservation et d’augmenter les surfaces de prairies oligo-mésotrophes favorables aux espèces et aux habitats visés par le plan. Sa mise en œuvre est attendue en 2027.
>> En savoir plus sur les Plans Nationaux d'Actions (PNA)
Projet SIQO'DIV
Le projet SIQO'DIV est porté par le Pôle fromager AOP Massif central, le Conservatoire Botanique National du Massif central, INRAE et VetAgro Sup. L'enjeu pour les filières herbagères du Massif central est de se démarquer en mettant en avant les plus-values environnementales, agronomiques et la qualité des produits liées aux prairies naturelles dans les systèmes d’exploitation du Massif central.
Le projet a pour objectif de capitaliser les connaissances techniques et scientifiques sur les prairies du Massif central et les pratiques associées aux prairies, pour mettre en avant leurs atouts.
In fine, ce travail alimentera la réflexion des AOP pour la prise en compte de la biodiversité dans leur cahier des charges.
Observatoire des prairies du Massif central (OPMC)
L’Observatoire des prairies du Massif central (OPMC) réunit des acteurs intéressés par le suivi et la connaissance des prairies naturelles.
Il poursuit trois grands objectifs :
(i) améliorer notre compréhension des prairies naturelles, en particulier leurs réponses aux dérèglements climatiques et aux changements de pratiques et le rôle de biodiversité dans la résilience ;
(ii) participer à l’animation de collectifs locaux d’éleveurs herbagers ;
(iii) contribuer à la surveillance nationale de certaines prairies, en particulier en testant des méthodes pour le suivi des habitats d’intérêt communautaire.
L’OPMC est coordonné par les CBN du Massif central, de Bourgogne-Franche-Comté, Méditerranéen, des Pyrénées et de Midi-Pyrénées, l’OFB et l’INRAE. Il repose sur une dizaine de territoires ateliers, zone géographique dans lesquelles des acteurs institutionnels (AOP, PNR, etc) et des éleveurs collaborent autour des prairies.
Réseau de surveillance de l’état de conservation des habitats terrestres
Le CBN Sud-Atlantique assure depuis 2011 le déploiement d’un réseau de surveillance de l’état de conservation des habitats terrestres. Constitué en étroite collaboration avec l’Université de Bordeaux et avec l’appui de nombreux partenaires locaux, celui dédié aux prairies sud-atlantiques a été déployé à partir de 2016.
Programme « Prairies naturelles de Bretagne - Prajeier Breizh – Prée natural de Bertègn »
Le CBN de Brest a lancé, depuis avril 2024 et pour une durée de 4 ans, le programme « Prairies naturelles de Bretagne - Prajeier Breizh – Prée natural de Bertègn ».
Ce programme, soutenu par le Fonds vert et l’Europe (FEDER) vise à mieux concilier agriculture et biodiversité et à permettre une meilleure prise en compte de l’enjeu lié à la préservation des prairies naturelles, notamment dans le réseau des aires protégées. Ce programme permettra notamment de produire un guide de reconnaissance et d’évaluation des végétations prairiales de Bretagne et de lancer, avec les acteurs volontaires, un inventaire participatif régional des types de prairies à l’horizon 2028. La mise en œuvre du programme est accompagnée par un comité technique de suivi regroupant de nombreux acteurs régionaux des domaines de l’agriculture et/ou de l’environnement (techniciens agricoles, agriculteurs, gestionnaires d’espaces naturels, représentants de l’Etat, etc.).
Outil numérique Floreal
Le CBN des Pyrénées et de Midi-Pyrénées a développé depuis 2015 un partenariat avec l’INRAE de Toulouse (Agir et Dynafor) pour la construction de l'outil Floréal qui offre 1/ Une application téléphone: sur le terrain, dans la prairie pour diagnostiquer et dialoguer en direct 2/ Un outil sur ordinateur : pour traiter en un clic des jeux de données de plusieurs parcelles (10, 100, 1000...!). Il produit une vingtaine d'indicateurs agro écologiques sur la base de relevés de végétation. Cet outil, libre, est à destination des conseillers en agro-écologie de la prairie permanente pour aider au dialogue avec les agriculteurs, construire des diagnostics et des suivis de parcelles, d'exploitations agricoles, de territoires plus vastes (PNR, Région...) ou encore de politiques publiques (ex.: MAEC). Fruit du financement par la Région Occitanie, l'Etat et l'Union européenne (Feder), il peut être déployé en Occitanie et sur l’ensemble du territoire national.
Projet Restor’Alpes-Prairies
Sur la période 2025-2029, le CBN alpin met en œuvre le projet Restor’Alpes-Prairies en partenariat avec la chambre d'agriculture des Hautes-Alpes, les parcs nationaux et les parcs naturels régionaux alpins et le laboratoire d'écologie alpine. Ce projet qui concerne le massif alpin français est soutenu financièrement par le Fonds européen de développement régional (FEDER) et le Fonds national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT). Les destinataires des résultats sont les acteurs du monde agricole et les gestionnaires d'espaces naturels. Les principaux résultats seront la restauration de 7 à 10 prairies de fauche de montagne, l'utilisation de mélanges de graines sauvages et locales récoltées en champs ou produites par des semenciers, le suivi et l'évaluation des opérations de restauration dans les compartiments - végétation, sol et pollinisateurs - intégrant la productivité, et la formation des jeunes de l'enseignement agricole.
Concours général agricole des pratiques agroécologiques
Sur leurs territoires d’agrément, plusieurs CBN, comme le CBN Haut-de-France ou encore Bourgogne-Franche-Comté, font partie du jury du concours en tant qu’expert pour la flore.
L’évaluation repose sur la place de la prairie dans le système fourrager, sa diversité floristique et sa gestion, qui influent directement sur la qualité de l’alimentation des troupeaux, la biodiversité et les caractéristiques des produits issus de l’exploitation (comme le lait, la viande, ou le fromage).
Les échanges entre experts sont très enrichissants et permettent à l’éleveur de mesurer l’ampleur des services offerts par sa prairie.
Typologie et catalogue des végétations prairiales du Massif central
Dans la perspective de transmettre son expertise floristique sur la diversité prairiale, le CBN Massif central a contribué à l’édition de deux ouvrages techniques : le Catalogue phytosociologique des végétations agropastales du Massif central et la Typologie multifonctionnelle des prairies du Massif central.
Le catalogue phytosociologique est destiné aux écologues et naturalistes désireux de connaître avec précision les 135 végétations prairiales observées sur le territoire. Cette base de connaissance, fondée sur plus de 20 000 relevés de terrain, dresse un état de l’art et met en exergue les lacunes restant à combler par les scientifiques.
La typologie multifonctionnelle met à la disposition des agronomes, écologues et techniciens l'ensemble des informations nécessaires pour conseiller précisément les exploitants dans leur recherche d'une utilisation adaptée et durable des ressources en herbe naturellement présentes. Pour chaque type de prairie rencontré sur les exploitations (identifiable à l’aide d’une clé de détermination simple), une fiche descriptive synthétise les conditions agro-écologiques (le milieu et les pratiques de l'éleveur), la composition de la végétation (espèces caractéristiques), les valeurs et services agricoles (précocité, productivité, souplesse, refus, rendement, qualité du fourrage), les valeurs et services écologiques (diversité de la flore et de la faune, stockage de carbone, capacité mellifère…) mais donne aussi des indicateurs de la qualité des produits laitiers et carnés issus de l’exploitation de la flore présente (acides gras, micronutriments, richesse aromatique, texture…).
PAEC / MAEC : des guides territoriaux pour évaluer le bon état de conservation des prairies naturelles
Dans le cadre de la nouvelle stratégie agroenvironnementale et climatique européenne 2023-2027, les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) constituent un des outils majeurs pour accompagner le changement de pratiques agricoles.
Cette mesure contractualisée entre un agriculteur et l’État consiste à garantir, sur chaque parcelle, la présence d'espèces parmi une liste de plantes indicatrices de la qualité écologique des prairies naturelles fournie par la structure porteuse du projet agro-environnemental et climatique (PAEC) du territoire considéré. Le versement des aides est ainsi conditionné par la présence de plantes qui indiquent le bon état écologique des végétations prairiales et les pratiques agricoles vertueuses à leur origine.
Les Conservatoires botaniques nationaux sont souvent sollicités par les professionnels agricoles et les gestionnaires d’espaces naturels pour définir ces listes de plantes indicatrices les plus pertinentes pour chaque territoire agricole. En Auvergne-Rhône-Alpes, par exemple, le CBN Massif central et le CBN alpin ont accompagné la DRAAF et les opérateurs régionaux pour que les agriculteurs désirant contractualiser les MAEC herbagères et pastorales puissent disposer d’un guide d’aide à la reconnaissance des plantes indicatrices qui certifient le bon état écologique des parcelles candidates. 66 groupes d’espèces et espèces de plantes, réparties selon 6 grandes régions écologiques au sein du territoire régional, ont été minutieusement choisis pour conditionner l’attribution des aides financières. Des fiches présentent en détail les groupes et espèces ciblées ; des listes et grilles indicatrices en fin d’ouvrage complètent utilement l’analyse sur le terrain.