Espèces exotiques envahissantes

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Les espèces exotiques envahissantes (EEE) représentent aujourd’hui, dans le monde entier, une menace pour la biodiversité et pour la société. Une EEE est une espèce exotique, dite aussi allochtone ou non-indigène, dont l’introduction par l’homme, volontaire ou fortuite, l’établissement ou la propagation sur un territoire menace les espèces indigènes, les habitats naturels et les services écosystémiques, avec des conséquences écologiques, économiques et/ou sanitaires négatives.

Plusieurs espèces exotiques ont envahi, sont en train ou sont susceptibles d’envahir certains milieux du territoire national, et peuvent engendrer des impacts négatifs, notamment sur la biodiversité. Elles peuvent être dommageables pour l’environnement car elles modifient la diversité, la structure et le fonctionnement des écosystèmes. Quelques espèces possèdent également un fort pouvoir allergène ou irritant provoquant ainsi des problèmes de santé publique, tandis que quelques espèces diminuent aussi les activités agricoles, sylvicoles ou récréatives avec des impacts économiques significatifs.

Les répercussions financières peuvent être très importantes, notamment pour contenir les espèces ou restaurer les écosystèmes, avec une estimation en Europe évaluant le coût annuel des EEE entre 9 et 12 milliards d’euros. Néanmoins, les invasions biologiques sont favorisées par les perturbations, les pressions et les activités anthropiques (dégradation environnementale, commerce international, changement climatique, etc.).

L’objectif de conservation de la biodiversité et de gestion des invasions est inscrit dans la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) et fait écho à l’une des cibles de la convention sur la diversité biologique (CDB). L’Union européenne s’est saisie du sujet et a publié en octobre 2014 un  règlement relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des EEE (Règlement UE n° 1143/2014 du Parlement européen et du Conseil), générant des obligations pour les États membres. Pour l’accompagner, une liste d’EEE jugées préoccupantes pour l’UE, publiée en juillet 2016, cible 37 espèces dont 23 espèces animales et 14 espèces végétales (Règlement d’exécution UE 2016/1141 de la Commission).

La France n’échappe pas à ce phénomène et les exemples d’invasions sont nombreux, tant en métropole que dans les collectivités d’outre-mer, quel que soit l’écosystème concerné, terrestre, aquatique ou marin. C’est dans ce contexte que le Ministère en charge de l’Environnement a publié en mars 2017 une stratégie nationale relative aux EEE.

Pour en savoir plus : http://www.developpement-durable.gouv.fr/especes-exotiques-envahissantes

Missions de la FCBN sur les EEE

Le Ministère en charge de l’Environnement a décidé de s’appuyer sur deux coordinateurs scientifiques et techniques pour la mise en œuvre de quelques actions sur les EEE. Ce soutien et cette expertise doivent faciliter la coordination et l’animation des différentes missions réalisées par les services de l’Etat, les établissements publics, les collectivités territoriales et les autres organisations impliquées dans les sujets liés aux EEE. Les deux structures coordinatrices sont la Fédération des Conservatoires botaniques nationaux (FCBN) pour les plantes introduites ou invasives, et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) par le biais du Service du Patrimoine naturel (SPN) pour les animaux introduits ou invasifs.

Au titre de cette coordination, la FCBN mène des actions sur :

  • la coordination nationale des actions relatives aux EEE ;
  • la définition d’un vocabulaire commun sur les EEE ;
  • l’animation d’un réseau national d’expertise scientifique sur les EEE, avec une veille bibliographique et des fiches descriptives ;
  • l’élaboration d’une méthode de hiérarchisation des EEE et d’une liste nationale des EEE pour déterminer les espèces et les actions prioritaires ;
  • la mise en place d’un dispositif de surveillance des EEE, avec l’établissement d’un système d’informations et une analyse des voies d’introduction ;
  • la rédaction de plans nationaux de lutte, comme le PNL sur l’Herbe de la pampa en cours de validation;
  • l’appui à la communication sur les EEE ;
  • l’accompagnement sur le rapportage et la création d’indicateurs de suivi ;
  • le développement de nouveaux partenariats, notamment avec les filières professionnelles.